Technoscopie marquera une pause estivale. La prochaine lettre sera donc publiée en octobre.
Le gouvernement français prépare pour l’automne une motion d’orientation sur l’Énergie, qui impactera à court terme la libéralisation de l’électricité, à plus long terme la maîtrise des dépenses énergétique et l’influence sur le climat. Selon l’OCDE, les consommations énergétiques planétaires sont appelées à augmenter de 60% d’ici à 2030. Cette augmentation résultera de l’explosion des transports, et se traduira par un rééquilibrage géopolitique intense lié à l’accès aux énergies fossiles des 40% d’habitants de la planète n’ayant connu que le bois, l’herbe, la tourbe ou la bouse de vache comme moyen de chauffage. Il y a donc lieu d’imaginer et de susciter par une prospective intense des scénarios de rupture permettant sans détérioration du service rendu une réduction significative tant de la consommation que des impacts écologiques.
L’industrie automobile a été pionnière dans cette réflexion en permettant le lancement de la plus grande initiative de recherche mondiale sur la pile à combustible et l’économie hydrogène. Impulsée par le Département d’État à l’Industrie américain, cette initiative n’est que timidement relayée par les constructeurs et pouvoirs publics européens. Un enjeu majeur à très brève échéance sera donc pour l’Europe de valider ou non cette direction de recherche et d’y consacrer le cas échéant des moyens appropriés.
L’électricité occupe également une position de choix dans le débat. Présente de longue date dans les pays développés, elle est considéré comme utility, ce qui fait parfois oublier son caractère stratégique. Pourtant, les faillites de traders et de fournisseurs d’électricité aux Etats-Unis ont souligné son caractère vital pour l’économie et le développement d’un pays. En Europe, le marché européen de l’énergie, PowerNext, démontre par des variations de cours extrêmes - fin juin le cours est de 200 fois la valeur moyenne du kWh – l’urgence d’investissements de grande ampleur tant en capacités de production que de maîtrise de l’énergie. Un haut fonctionnaire, François Soult, a décidé de lancer le débat en brisant la chape de plomb de la pensée unique. Dans son ouvrage, « EDF : chronique d’un désastre inéluctable » , il dissèque du strict point de vue économique les conséquences des a priori idéologiques sur l’intérêt de la libéralisation du secteur qui conduisent actuellement EDF et l’autonomie énergétique européenne dans le mur. Le site Energie Cadre géré par l'Union Fédérale des Ingénieurs, Cadres, Techniciens des Mines et de l'Énergie (UFICT), permet de compléter le débat par une recherche documentaire fouillée.
Tout comme l’eau, l'électricité étant un bien vital. La demande est donc peu sensible aux variations de prix : à tout moment, la production doit être égale à la consommation. Dans un système libéralisé, cela signifie que, en période de pointe, le producteur qui disposerait des derniers MW de production a le pouvoir d'influencer les prix à hauteur du coût de défaillance de l'ensemble du système. En période de surproduction, l’incitation du producteur à pousser à la consommation est rendue nécessaire par le système et contrarie toute initiative de maîtrise de la consommation : le système est donc instable par essence.
Ainsi, la prospective sur les moyens alternatifs de production, la recherche de l’indépendance énergétique et la prise en compte des critères environnementaux sont incompatibles avec une libération de l’énergie, et nous n’avons à ce jour aucun exemple probant de privatisation réussie. Autant d’argument qui doivent nous pousser à susciter le débat et à proposer des initiatives permettant de rattraper le retard français tant en maîtrise de l’énergie qu’en recherche et développement de nouveaux moyens de production.
Tel est la direction poursuivie par des chercheurs allemands, qui créent une cellule microbienne capable de produire dans l’organisme l’énergie nécessaire au fonctionnement d’un stimulateur cardiaque. La mise au point de cette cellule qui utilise le principe de la combustion des sucres ouvre des perspectives particulièrement intéressantes. A lire sur Sciences et Avenir.
Non, dit David Meyer, les outils high-tech ralentissent le travail. Ce chercheur en cognition montre comment les moyens récent de communication et outils de productivité peuvent agir comme des drogues et disperser durablement l’attention de leurs utilisateurs. Une lecture d’été rafraîchissante, sur Transfert.